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Trois Paradigmes
Critères pour une philosophie de la spiritualité

Chapitre III, Ouverture Spirituelle et Travail Sur Soi

Roger Savoie
www.rogersavoie.com


Au Maître du Cœur et Précepteur Universel Adi Da Samraj, toute ma gratitude et mon admiration. Sans Lui, ces lignes n'auraient pu être écrites.

 


Résumé du chapitre

  1. Démarche de l'auteur
  2. La philosophie occidentale en question
  3. Importance des critères en philosophie
  4. Premier critère: le Maître spirituel
  5. Deuxième critère: la théorie structurale-évolutive
  6. Troisième critère: la Grande Tradition


Roger SavoieDémarche de l'auteur.
Je voudrais dans ce chapitre expliquer aussi clairement que possible les critères qui constitueront le fondement de la réflexion que je me propose de partager avec mes lecteurs. Car on peut être en droit de me demander d'où vient l'information que je détiens, quelles sont mes sources, au nom de quelle autorité je parle. La question d'autorité en matière spirituelle (comme d'ailleurs en toute science) est, en effet, de prime importance.

Qu'il suffise en partant de signaler à mes interlocuteurs ce qui leur sautera aux yeux: je ne suis ni une autorité morale ni un maître de sagesse. Étant moi-même engagé dans une démarche spirituelle à titre d'aspirant, me fonder sur ma seule expérience ne ferait que tromper mes lecteurs. C'est donc une réflexion philosophique que j'ai l'intention de leur proposer, et cela sur la base de paradigmes que la philosophie n'a pas habitude d'adopter.

La philosophie occidentale en question. Par ailleurs, la démarche radicale que j'ai entreprise depuis de nombreuses années a déclenché chez moi un certain nombre de réactions dont je voudrais leur faire part. En premier lieu, ayant été mis en contact avec les sources de la littérature spirituelle, j'ai pu y discerner une richesse de connaissances et une philosophie qui m'étaient alors presque inconnues et qui me paraissaient également oubliées en Occident, et en passe de se perdre aussi en Orient. En deuxième lieu, ce contact prolongé avec la Grande Tradition m'a forcé à remettre en question les bases mêmes de la philosophie telle que je l'avais comprise jusqu'à maintenant, bases qui semblaient constituer l'essence de l'idéologie occidentale officielle et son point de vue dogmatique sur le statut de la philosophie. En troisième lieu, c'est sur la racine même de la pensée que je commençais à m'interroger, sur sa fonction, son origine, ses limites et ses forces. L'aspect purement rationnel de la pensée m'apparaissait comme une de ses fonctions parmi d'autres et l'utilisation abusive qu'on en faisait me semblait éminemment critiquable. Enfin, j'ai vite compris que la spiritualité avait été à notre époque bien à tort, il me semble rejetée du champ de la philosophie et que cette exclusion engendrait des conséquences fâcheuses pour nous tous. Par définition, un philosophe n'est-il pas cet être rationnel et indépendant, libéré des entraves de la religion, mais prisonnier de ses propres conceptions pré-critiques, conceptions qui l'empêchent de faire enquête sur elles et, par conséquent, de créer de nouvelles méthodes d'approche? «Ni Dieu ni maître», conseillait Voltaire, ce grandiose adolescent.

On l'aura deviné, c'est à la fois la fonction même de la philosophie et la figure du philosophe qui doivent être examinées à fond. A la vérité, il n'y a guère là sujet à récriminer ni à s'étonner: un philosophe quelque peu averti sait que sa fonction, les méthodes qu'il utilise et la figure qu'il représente ont été constamment critiquées et révisées depuis Socrate, c'est-à-dire depuis la naissance, il y a deux millénaires et demi, d'un certain type de philosophie axée sur le mythe de la suprématie de la pensée rationnelle. Nul ne peut empêcher ce processus critique, car la notion même de philosophie telle que concoctée en Occident depuis le «miracle» (!) grec contient en elle-même sa propre contradiction et engendre interminablement les doutes et les hésitations chroniques dont souffre la conscience occidentale. Cette constante révision s'opère malgré le conservatisme millénaire des universitaires et des fonctionnaires de la pensée qui veillent toujours à maintenir les esprits dans un certain sommeil intellectuel et dans un silence significatif en ce qui concerne la question fondamentale de la philosophie, et tout particulièrement de la sophia (la sagesse) faisant partie du mot philosophie.

La réflexion personnelle que j'offre ici vise par conséquent à stimuler un nouvel intérêt pour les sciences métaphysiques et sapientielles, en dehors, bien entendu, des cadres théologiques, philosophiques et confessionnels d'usage. Elle vise aussi à décloisonner la philosophie actuelle de ses préoccupations purement exotériques, à reporter l'attention sur le phénomène spirituel avec liberté, clarté, audace et sensibilité. Depuis quand la philosophie a-t-elle décidé de rétrécir son champ d'investigation à certaines expériences spécifiques propres aux trois premiers stades de la vie? Répondre à cette question nous éclairera grandement sur le projet de l'homme occidental ou plutôt de l'homme planétaire, puisque le modèle anthropologique en vogue aujourd'hui semble bien être celui qui a été produit par les cerveaux européen et américain.

Les critères philosophiques et la méthode d'investigation qui sont mis en pratique ici ne font pas habituellement partie du «discours de la méthode» en cours chez les penseurs de l'establishment. Je ne veux, dans ce premier volume, qu'en énoncer les lignes principales sans entrer dans les détails.

Importance des critères en philosophie. La question fondamentale du présent livre en rapport avec le problème de la méthode et des critères est la suivante: comment peut-on parler avec pertinence de la métaphysique et particulièrement de la branche de la métaphysique qui traite de la sagesse comme art de vivre, c'est-à-dire de la spiritualité, sans pour autant verser dans le discours moral, psychologique, sociologique ou rationaliste de notre temps ? Et comment peut-on le faire sans se perdre dans les corridors sombres de la conjecture, de la logomachie universitaire et du méli-mélo médiatique?

Voici les trois critères que je propose comme points de référence pour fonder une réflexion sérieuse sur la spiritualité:

critère 1: la sagesse millénaire (et toujours actuelle) des grands Maîtres spirituels de l'humanité;

critère 2: la théorie structurale-évolutive ou doctrine des sept stades de la vie;

critère 3: le témoignage de la Grande Tradition (ou Philosophie intemporelle).

C'est en effet le Maître de sagesse (1) qui fonde, inspire et renouvelle la Grande Tradition (3) et qui propose des critères de discernement (2) à ceux qui veulent s'ouvrir à la pratique ésotérique. La nécessité de paradigmes est devenue aujourd'hui un point essentiel dans une réflexion philosophique sur la vie spirituelle, en raison de la diffusion et de la vulgarisation mondiale des sciences psychiques, ésotériques, occultes, mystiques et spirituelles. Ces sciences ont quitté le domaine du secret. Un des apports du Nouvel Âge a justement été de contribuer à une véritable explosion informative dans le domaine passablement inconnu des connaissances dites «ésotériques». Cette abondance même nous indique à quel point nous avons besoin de modèles conceptuels pour guider notre recherche. La tâche du philosophe (je ne veux pas dire uniquement du spécialiste de la philosophie, mais de ceux qui ont à cœur de réfléchir en profondeur) ne se limite pas à des domaines spécifiques choisis par l'Académie. Comme je l'ai indiqué, qu'on ait voulu éliminer la spiritualité de la critique philosophique a été plus que désastreux pour la conscience occidentale.

Qu'il suffise pour le moment de proposer en vrac quelques exemples des multiples questions s'offrant à la réflexion philosophique en rapport avec l'expérience intérieure: comment peut-on distinguer une communauté sectaire d'une communauté ouverte? Comment reconnaître l'authenticité de tel guide spirituel ? Tous les maîtres sont-ils d'égale valeur? Qu'est-ce qui distingue les plus grands des plus petits? Comment jauger la valeur d'un phénomène dit «paranormal», psychique ou mystique? Qu'est-ce qui caractérise une doctrine spirituelle inférieure et une doctrine spirituelle supérieure? Quelle est la différence entre religion et spiritualité? Pourquoi le christianisme, comme la plupart des religions conventionnelles, a-t-il engendré tant de contradictions historiques? En quoi la pratique spirituelle offerte par les maîtres est-elle efficace? Quel est le sens du processus de méditation? Etc.

En raison de la multiplication des groupes religieux, des guides spirituels, des doctrines ésotériques, des traditions hermétiques, des œuvres scripturaires, etc., on éprouve le besoin d'une clarification, ou, mieux, de clarificateurs, sans quoi on est voué au dilettantisme, au bric-à-brac religieux, à la crédulité, au sophisme rationaliste et pré-critique, à la confusion et au doute chroniques.

Je suis conscient des risques que je prends non seulement en proposant une revalorisation de la métaphysique sapientielle et en offrant une critique de la philosophie conventionnelle, mais aussi en présentant une méthode de réflexion basée sur trois critères nouveaux: l'écoute des Maîtres, une théorie du champ unifié de la conscience et une histoire spirituelle de l'humanité (ou histoire de la religion universelle).

Pourtant, à bien y penser, en quoi cette approche diffère-t-elle de celle adoptée par les penseurs, philosophes et scientifiques de notre temps, où l'expérience des chercheurs individuels (critère 1) se fonde sur une théorie de la connaissance (critère 2) et fait appel au consensus universel de leurs pairs (critère 3)? La science et la philosophie ne seraient rien sans Platon, Hegel, Newton et Einstein (critère 1). Elle n'avancerait pas sans le discours de la méthode rationnelle et objective (critère 2). Enfin, elle serait discréditée si les conclusions acquises étaient contredites par l'ensemble des cogestionnaires de la pensée (critère 3).

Une métaphysique nouvelle et radicale devra donc, elle aussi, se doter de critères analogues. Critères analogues certes, mais non semblables, justement à cause du champ d'expérience différent qui est le sien. Voyons un peu de quoi il s'agit.


Premier critère: le Maître spirituel

Le Maître spirituel est la première source et le guide authentique des sciences spirituelles, de même que le scientifique est la première source et le guide authentique des sciences expérimentales positives. Celui qui a traversé la crise intérieure et qui est capable d'en rendre compte peut en parler avec autorité. Il s'ensuit que celui qui veut réfléchir sur le processus spirituel à titre de penseur ou de philosophe doit aller chercher ses données là où elles sont acquises, chez le pionnier et l'explorateur de l'Esprit, le maître de sagesse, la principale autorité en ce domaine, le centre créateur ou stimulateur d'une religion authentique. Les institutions religieuses, théologiques et philosophiques qui gravitent autour de lui devront nécessairement s'en nourrir et s'en inspirer, faute de quoi elles seront vouées aux pires dérèglements: ritualisme, formalisme, sclérose, structurite aiguë, autoritarisme, naïveté, erreurs d'interprétation, littéralisme, croyance infantile, superstition, etc. La spiritualité précède, fonde et nourrit la religion et la métaphysique, lesquelles ne peuvent que sonner creux sans elle.

La médecine, par exemple, se base sur l'exploration objective et le génie des grands expérimentateurs de la santé. La science et la technique puisent à la même source originaire, la praxis. C'est là une évidence que peu de gens sérieux auraient la témérité de mettre en doute, encore moins de nier, sauf quand il s'agit des sciences spirituelles. Peut-on imaginer l'outrecuidance et l'arrogance de celui qui déciderait de l'existence et de la valeur des phénomènes spirituels sans en avoir une véritable expérience? La liste est longue pourtant de ceux qui s'y sont hasardés et se sont brûlé les doigts.

Les grandes religions puisent-elles aussi leur inspiration à la fontaine des Réalisateurs spirituels, ceux qui offrent un témoignage de première main sur la Réalité ultime (par exemple, Moïse pour le Judaïsme, Jésus pour le Christianisme, Krishna et bien d'autres pour l'Hindouisme, Mahomet pour l'Islam, Bouddha pour le Bouddhisme, etc.). Il est très dangereux et inefficace de fonder une religion sur les penseurs de seconde catégorie: théologiens, évêques, rabbins, exégètes, ministres du culte, mandarins et autorités religieuses qui n'auraient pas la même réalisation que leur fondateur, qui ne pourraient donc offrir qu'un témoignage de valeur douteuse. Leur rôle consiste au mieux à interpréter, mettre en ordre, questionner et repenser le témoignage originaire.

Le Réalisateur est la source d'inspiration, même après sa mort. Mais il faut se démarquer ici des religions fondamentalistes, provincialistes et conventionnelles en ce qui regarde la transmission du pouvoir spirituel. Un pouvoir spirituel peut-il être authentiquement transmis par un rituel, un sacrement, une investiture, une consécration venant de personnes non réalisées? Une religion sacerdotale peut-elle s'attribuer le même niveau de réalisation que son fondateur? Est-ce que je suis investi du pouvoir spirituel de Bouddha parce que je préfère Bouddha?

La réponse n'est pas la même si elle est élaborée dans le cadre des religions institutionnelles ou dans celui des hautes religions spirituelles. La religiosité ne remplace ni ne gouverne la spiritualité. Les religions provincialistes et sectaires n'ont aucun pouvoir sur la source universelle de toutes les religions: le Guru authentique. L'Esprit souffle où il veut et aucune institution ne peut le contenir. En conséquence, à moins que le fondateur n'ait laissé une lignée de transmetteurs de même qualité ou niveau de réalisation que lui, cette lignée ne peut que compromettre la pureté de son message. Le pouvoir spirituel n'est pas acquis par une investiture, un sacre ou même un livre, mais par une véritable pratique menant à une réalisation réelle. Bien entendu, il en va de même dans le domaine profane. Ce n'est pas le diplôme qui authentifie les connaissances d'un spécialiste, mais bien sa réalisation authentique, qu'il soit diplômé ou non.

C'est la succession des grands maîtres réalisés du cinquième stade (les mystiques) pour ne donner qu'un exemple qui pourrait assurer la perpétuation spirituelle d'une religion de ce type. Un groupe de théologiens réunis en concile pour interpréter un texte sacré ne pourrait que créer une interprétation nouvelle, un enseignement théologique et philosophique de même température spirituelle, peu importe qu'ils prétendent avoir été inspirés par une Voix supérieure. L'interprétation qu'ils en proposent ne pourrait être concluante (ou canonique) que s'ils avaient la même réalisation de conscience que le maître auquel ils se réfèrent. Le mieux qu'ils peuvent faire est de présenter leur interprétation comme un point de vue et non comme une vérité dogmatique. C'est justement la critique que les Grands Réalisateurs formulent à l'endroit des religions césariennes, où l'autorité est transmise par nomination plutôt que par réalisation ou véritable initiation spirituelle.

Un maître spirituel authentique offre constamment une méthode (ou une pratique spirituelle) pour que les aspirants puissent eux aussi communiquer avec le champ de connaissance qui lui est familier. Celui qui veut authentifier ou vérifier les témoignages d'un maître doit donc examiner et essayer la pratique proposée par lui. Il faut se méfier des maîtres qui n'offrent pas de méthodes de vérification de leurs affirmations. Comment peut-on savoir si la réalisation dont parle Ramana Maharshi est efficace? En adoptant la pratique spirituelle (ou Voie) qu'il propose et qui permettra au disciple de vérifier et donc de Réaliser ce que le maître avance. Il en est de même dans tous les domaines et pour toutes les sciences. Tant que le candidat n'a pas atteint le même niveau de connaissance, il ne pourra pas comprendre et authentifier ce qui est énoncé. Il lui faudra donc procéder comme dans les sciences empiriques: s'abstenir de jugements de valeur tant qu'il n'en aura pas établi la preuve. Toutefois, la preuve ici n'est pas d'ordre intellectuel, mais d'ordre spirituel. Le sujet expérimentateur (le disciple) pourra faire confiance à son maître (comme dans toute science), mais il devra pouvoir, en dernière analyse, prouver et éprouver la Vérité exprimée à partir de sa propre réalisation.

Avatar Adi Da Samraj
Avatar Adi Da Samraj

J'adopterai donc comme référence privilégiée les Maîtres spirituels de la Grande Tradition proclamés comme authentiques par la société des sages. De plus, je choisirai comme archétypes ceux qui me semblent les plus inclusifs, c'est-à-dire ceux qui savent intégrer, comprendre et expliquer le sens du plus grand nombre de traditions possibles et même (idéalement) de toutes les traditions. Je nomme, par exemple, le sage américain Adi Da Samraj en raison non seulement de son actualité, mais aussi de sa réalisation supérieure et de sa capacité exceptionnelle à donner du sens à l'histoire spirituelle de l'humanité. Dans le présent livre et dans les ouvrages subséquents, les grandes autorités spirituelles y graviteront comme centre de référence. En ce qui concerne Adi Da Samraj en particulier, le lecteur aura l'occasion de se familiariser avec une pensée et une œuvre modernes dont le génie et l'originalité sont sans précédent. J'explique brièvement pourquoi je soutiens que Adi Da Samraj détient les qualités exceptionnelles d'un Maître de haut calibre.

  1. Sa réalisation est ultime et totale, ayant réalisé le septième stade. Le processus complet du développement spirituel a été raconté dans son autobiographie The Knee of Listening, sans doute l'autobiographie spirituelle la plus complète et la plus audacieuse écrite sur la voie spirituelle.

  2. Il se réclame, comme Ramana Maharshi, de la plus haute doctrine spirituelle, l'Advaïta-Védanta, et fonde une nouvelle tradition religieuse qu'il appelle le quatrième véhicule ou Advaïtayana.

  3. Il instaure une grille paradigmatique extrêmement utile, qui contient une théorie générale du champ unifié de la conscience: les sept stades de la vie. Cette grille sert d'instrument de clarification, de discernement et de critique pour ceux qui veulent comprendre et entreprendre le travail spirituel.

  4. Il établit une bibliographie critique, un véritable chef-d'œuvre intitulé The Basket of Tolerance, instrument indispensable pour étudier la Grande Tradition dans chacun de ses aspects. L'auteur y édifie une bibliographie abondante et sélective des plus grandes œuvres spirituelles de l'histoire. Et, fait remarquable, il intègre ces œuvres dans la grille des sept stades de réalisation et présente des éléments critiques de grande valeur sur de nombreux points en litige dans la Grande Tradition. La rédaction de cette œuvre est présentement en cours.

  5. Il élabore un enseignement ésotérique complet qui couvre chaque stade de la démarche spirituelle. Une quarantaine d'ouvrages sont déjà publiés, dont plusieurs constituent de véritables monuments.

  6. Il parle avec précision et autorité de chaque tradition religieuse, de chaque forme de réalisation possible. Sa vie elle-même peut être considérée comme une histoire sacrée de haute valeur pour l'humanité.

En somme, l'utilisation que je ferai des maîtres et des enseignements de la Grande Tradition sera inspirée par l'Œuvre et la Vie des plus grands sages modernes et anciens, occidentaux et orientaux, venant des traditions les plus diverses.

pour plus d'information, voyez cet article


Deuxième critère: la théorie structurale-évolutive

Le deuxième critère présente une méthode d'évaluation, de discernement et de critique. Car une réflexion philosophique sur le phénomène spirituel ne peut pas faire l'économie de la méthode. C'est, par exemple, le mérite de Ken Wilber d'avoir lui aussi utilisé dans ses travaux les trois critères en question: le Sage, les Stades et la Tradition.

Certains ouvrages de philosophie mystique présentent une sorte de compendium de la Grande Tradition. Je pense, entre autres, à deux excellents livres, l'un d'Aldous Huxley, La Philosophie éternelle (en anglais: The Perennial Philosophy) et l'autre de Placide Gaboury, Un Torrent de silence (1985). Mais inévitablement la question se pose: comment se débrouiller dans cette immense richesse? Comment reconnaître la réalisation parfaite de la réalisation encore incomplète? Est-ce que tout est également valable? Doit-on se contenter d'un éclectisme et d'un syncrétisme somme toute assez décevants? Peu à peu, on s'aperçoit de la nécessité d'une méthode de travail qui permet d'éclairer, de juger et d'interpréter correctement chaque phénomène. Tâche immense, mais qui doit être entreprise, comme en témoignent les travaux précieux de Sri Aurobindo, d'Adi Da Samraj, de Ken Wilber, et de bien d'autres.

Il est traditionnel en philosophie ésotérique de décrire le processus de développement humain en termes de stades d'évolution. Comme je l'ai indiqué, j'appellerai la théorie de ce grand processus la théorie structurale-évolutive. Structurale (multidimensionnelle ou perspectiviste) parce qu'elle implique un ensemble de formes ou de dimensions (c'est-à-dire un système souple et global). Évolutive (ou transformationnelle) parce que ces formes sont dynamisées par des forces qui permettent la croissance de l'être à travers des niveaux de conscience. Ce système propose en somme une hypothèse du champ unifié de la conscience.

Dans l'univers phénoménal ou conditionnel, chaque manifestation objective (une étoile, une maison, un accident) et chaque expérience subjective (une émotion, une sensation, une pensée, un rêve, une vision, un état extatique) s'incarnent ou se manifestent dans une structure-forme (la matière) animée par un dynamisme-force (la vie). D'une part, la structure, c'est la dimension spécifique qu'adopté la Force pour se manifester: un corps, un groupe social, une idée. D'autre part, le dynamisme constitue la puissance qui insuffle cette structure, son énergie naturelle, sa potentialité, ce qui l'intègre dans un réseau évolutif, et ce que Bergson appelle l'élan vital.

D'après cette théorie, l'univers cosmique est poussé en avant par le dynamisme de l'évolution et produit (ou actualise) des structures de plus en plus complexes et de plus en plus conscientes, comme l'a très bien exprimé (Pierre Teilhard de Chardin, Le Phénomène humain, Paris, Seuil, 1955; en anglais: The Phenomenon of Man). Il en va de même pour l'être humain, dont l'évolution signifie le passage de l'état inconscient à des niveaux de conscience supérieure, mais par étapes (forces) et étages (formes) successives. On peut illustrer le système septénaire par le tableau suivant:

Les sept stades de la vie

Stade Force Forme Conscience

1 . Physique Pranique Vie Organique
2. Social Éthérique Émotion Sociale-morale
3. Mental Astrale Pensée Rationnelle
4. Spirituel Psychique Intuition Visionnaire
5. Mystique Subtile Amour Cosmique
6. Transcendental Causale Sagesse Originaire
7. Ultime Totale Être Absolue

Tableau 1
(pour plus d'information, voyez cet article)


La structure septénaire


L'univers manifeste entier, qu'il soit subtil (le domaine des êtres immatériels) ou grossier (le domaine des êtres matériels),
involue ou évolue selon certaines lois de la noogenèse et de la cosmogenèse. Ces lois sont énoncées par les spécialistes (mystiques ou scientifiques) qui les ont perçues à partir de leur réalisation de conscience spécifique. L'être humain aussi est soumis à la loi de l'évolution. Produit de 15 milliards d'années de cosmogenèse, il poursuit maintenant sa propre ascension dans un processus appelé anthropogenèse.

Il est traditionnel de décrire en termes de sept étapes ce parcours du développement humain à partir de l'inconscient jusqu'à la conscience totale. Le chiffre sept symbolise la perfection du développement intégral. Mais on comprend habituellement assez mal pourquoi ce chiffre est nécessaire. C'est probablement le maître spirituel Adi Da Samraj qui en donne l'explication la plus satisfaisante. En accord avec une tradition millénaire, il décrit l'évolution humaine en termes de structure du corps humain: pour lui, le corps humain est une architecture à sept étages qui contient la totalité des lois de sa propre évolution. Kirpal Singh (Spirituality, What lt ls, Anaheim, Californie, 1981, p. IX) parle du «laboratoire du corps humain». Ce laboratoire est doté d'un souffle, d'une puissance évolutive inscrite dans sa propre chair, un dynamisme de conscience intégré dans la structure physique.

Relions maintenant notre deuxième critère (la méthode) au premier (le Réalisateur spirituel). La structure septénaire de l'homme n'a pas été découverte intégralement d'un coup et n'a pu être décrite en détail que lorsque le mouvement de l'Histoire a pu produire un Maître d'un niveau supérieur (septième stade) capable de saisir l'ensemble du processus ultra complexe de l'ascension ésotérique. Ce Maître tire sa sagesse de sa propre réalisation, puis il la confirme en se référant à la Grande Tradition et révèle le schéma de base par lequel il pourra exercer sa fonction critique, clarificatrice et purificatrice dans le monde. Voilà pourquoi nous pouvons glaner, tout au long de l'histoire de la Grande Tradition, des bribes et des indices plus ou moins révélatrices de la théorie du champ unifié de la conscience, mais pas de théorie générale complète et articulée de cette ascension. L'adepte-avatar Adi Da Samraj a été le premier en mesure d'accomplir cette tâche utile, se manifestant à un point-clé de l'histoire de l'humanité et capable, en raison de son niveau absolu de réalisation, de tracer avec une lucidité et une précision sans précédent, ce qui déjà avait été pressenti par un grand nombre de penseurs et de maîtres. Pour ce qui se rapporte à la théorie des sept stades, je nomme, à titre d'exemples, les prédécesseurs suivants: la philosophie Mahayana et les sept chakras, Hegel et sa phénoménologie de l'Esprit, Sri Aurobindo et la théorie des sept stades de conscience, Bergson et la théorie de l'évolution spirituelle, Ken Wilber et sa théorie du spectrum de la conscience. (On sait, par exemple, que la théorie de Ken Wilber sur le spectrum de la conscience a été en grande partie inspirée par la doctrine des sept stades d'Adi Da Samraj.)

La géographie de l'évolution de la conscience humaine et, par voie de conséquence, la méthode qui mène à la réalisation intégrale peuvent dorénavant être connues avec une très grande exactitude. J'aurai l'occasion, dans un ouvrage subséquent, de tracer les lignes fondamentales de cette géographie. Mais les indications que je viens de fournir suffiront pour l'instant à mon propos, qui est de décrire le processus radical de la vie spirituelle.

Un des nombreux avantages de la théorie des sept stades est d'offrir une grille d'identification permettant de comprendre le degré de réalisation des maîtres spirituels (le premier critère de ma réflexion). La fonction du modèle spirituel est d'incarner la Réalité et de l'exprimer selon le niveau de conscience qui est le sien. Par contre, tous ne jouissent pas du même degré d'éveil: par exemple, il y a le saint (stade 4), le mystique (stade 5), le sage (stade 6), mais surtout l'adepte (stade 7). Et même l'adepte peut exercer une fonction particulière de nature extraordinaire: celle de l'avatar, ou homme-dieu. La Grande Tradition en nomme quelques-uns, par exemple Krishna, Bouddha et Jésus.

Aldous Huxley, dans son livre La Philosophie éternelle (en anglais: The Perennial Philosophy), a été l'un des premiers penseurs-philosophes de l'Occident à offrir et reconnaître comme modèle de réalisation l'Adepte-Avatar:

 

Aldous HuxleyLa doctrine suivant laquelle Dieu peut être incarné sous forme humaine se rencontre dans la plupart des principaux exposés historiques de la Philosophia Perennis, dans l'hindouisme, dans le bouddhisme mahayana, dans le christianisme et dans le soufisme... Mais parce que les chrétiens ont cru qu'il n'y avait eu qu'un seul avatar, l'histoire chrétienne a été déshonorée par des croisades, des guerres entre sectes, des persécutions et un impérialisme prosélytisant, plus nombreux et plus sanglants que ne l'ont été l'histoire de l'hindouisme et celle du bouddhisme. [...] Si l'apparition de l'avatar sur la scène de l'histoire est d'une importance énorme, cela tient à ce que, par son enseignement, il indique [...] le moyen par lequel les êtres humains peuvent transcender les limites de l'histoire.

Aldous Huxley, La Philosophie éternelle
(en anglais:
The Perennial Philosophy)

 


Plus le Modèle est élevé en réalisation, plus il est apte à éclairer la réalité perçue dans l'expérience humaine. Ainsi les stades antérieurs et inférieurs en conscience reçoivent une lumière nouvelle à partir de ce modèle et peut ainsi permettre à l'humanité de comprendre et transcender ses propres limites. Notre choix est donc inclusif, il intègre toutes les connaissances possibles et toute réalisation, même celle qui transcende l'expérience elle-même. Notre modèle privilégié n'exclut donc pas l'Être réalisé de la plus haute expression: le Sat-Guru, l'Avatar, l'homme-dieu. Il faut ajouter qu'il y a plusieurs sortes de maîtres spirituels, plusieurs fonctions possibles exercées par un guru. Mais l'ultime maître se révèle le guru des gurus, l'Avatar-Adepte, incarnation de la conscience divine dans la sphère terrestre.

La pyramide septénaire peut dès lors être considérée comme inhérente à la constitution physique de l'homme. Cependant, celui qui n'est pas complètement réalisé ne peut pas l'appréhender intégralement. Pour le profane (c'est-à-dire pour la majorité d'entre nous), la pyramide constitue un paradigme conceptuel d'une grande utilité lui permettant de se guider dans les méandres des innombrables possibilités phénoménales et manifestes.


Troisième critère: la Grande Tradition

Adi Da Samraj appelle la Grande Tradition la synthèse de toutes les traditions, qu'elles soient magiques (stade 1), mythiques (stade 2), philosophiques et scientifiques (stade 3), psychiques (stade 4), mystiques (stade 5), transcendantales (stade 6) ou ultimes (stade 7). Ces traditions surgissent, à des degrés divers, à chaque époque et dans chaque culture. Leibnitz la nomme philosophia perennis, la philosophie pérenne ou intemporelle, ou encore la philosophie première. La Grande Tradition est une histoire sacrée qui explore les dimensions intérieures et secrètes de chaque individu et qui constitue la base universelle des religions. Elle propose un enseignement spécifique (gnose) et une pratique de disciplines en vue de la transformation (métanoïà) complète de l'individu.

Relions maintenant le troisième critère, soit la Grande Tradition, au premier, le Maître spirituel. Pour que l'histoire ésotérique de l'humanité prenne du sens, il est impératif qu'elle soit comprise par ceux qui en ont la capacité, à savoir les sages, ceux qui la connaissent de l'intérieur pour ainsi dire. Car il ne s'agit pas d'une histoire purement conventionnelle, d'un alignement de faits qu'il faut interpréter ou décrire. Il s'agit de personnalités qui produisent un impact important dans le destin de l'humanité, en particulier celles qui ont découvert ce que la Bhagavad Gîta appelle le «royal secret» et qui, du reste, constitue le sujet de ce livre.


adepte Nom donné à Celui qui a atteint l'ultime réalisation, le maître du septième stade de la vie.

Adi Da Samraj Adi Da Samraj est né à New York, le 3 novembre 1939, sous le nom de Franklin Jones. Dès sa naissance, il affirme avoir baigné dans un état de Conscience Totale. Très jeune, il comprit que personne d'autre ne jouissait de cette Réalisation. Il relâcha donc consciemment sa Condition dans le but de découvrir la Voie qui l'y conduirait de nouveau. Il fit des études de philosophie et de théologie au Columbia Collège et à l'Université de Stamford. Dans la vingtaine, il devint le disciple de grands maîtres spirituels hindous, comme Muktananda et Nityananda. Et c'est en 1970 qu'il recouvra un État d'Illumination permanente. Depuis ce temps, il a développé un enseignement spirituel complet et radical, transmis par une œuvre qui compte plus de quarante volumes.

adolescent Le terme adolescent ne doit pas être compris en mauvaise part. Le respect que j'ai pour Voltaire et pour tous les philosophes n'en est pas diminué pour autant. Beaucoup d'auteurs admettent que la conscience planétaire est marquée par la stratégie adolescente ou la philosophie qui se maintient au troisième stade de la vie. La véritable maturité humaine (propre au quatrième stade) est encore rare. Voltaire représente, comme la plupart des philosophes de l'Occident, les héros qui ont permis à l'humanité d'accéder à ce stade ou de s'y installer sans pour autant l'avoir critiqué et transcendé.

anthropogenèse évolution de l'être humain à travers les sept stades de la vie. Selon la Grande Tradition, cette évolution nécessite plus d'une existence incarnée pour se réaliser. Elle implique donc l'évolution de la psyché humaine (l'âme) à travers de multiples existences (voir psychogenèse), l'évolution de chaque individu (ontogenèse) et l'évolution de la race humaine (phylogenèse).

Advaïtayana Voir Nirvanasara d'Adi Da Samraj. Les trois premiers véhicules (yanas) sont: le Hinayana (petit véhicule ou Théravada bouddhiste), le Mahayana (grand véhicule, par exemple le Zen) et le Vajrayana (ou véhicule du diamant, par exemple le tantrisme tibétain). On appelle véhicule le moyen utilisé par l'adepte pour parcourir la voie de l'Illumination. Le quatrième véhicule, l' Advaïtayana (véhicule de la non-dualité), se relie aux trois premiers véhicules tout en les unifiant, les synthétisant et les perfectionnant.

avatar (ou homme-dieu) L'avatar est considéré dans plusieurs traditions comme l'ultime maître spirituel du septième stade, une incarnation parfaite du divin, le guru cosmique, le précepteur universel. L'avatar se distingue de l'adepte parce que sa naissance provient directement de la sphère nouménale sans passer par les phases psychogénétiques des réincarnations successives. Le terme avatar est aussi utilisé pour indiquer le cosmos en tant qu'émanation divine ou l'être humain en tant que manifestation divine.

The Basket of Tolerance The Basket of Tolerance (que je traduis provisoirement par La Corbeille de la tolérance) a été ainsi nommé en référence au Tripitaka, signifiant «trois corbeilles». Le Tripitaka constitue le canon des écritures bouddhiques.

cosmogenèse évolution de l'univers manifeste (ou cosmos) à partir du photon jusqu'à la cellule vivante. Selon la science, l'univers qui est le nôtre est âgé d'environ 15 milliards d'années.

exotérique — Term qui signifie l'aspect extérieur, public, et conventionnel de l'évolution humaine. Une personnalité exotérique est dirigée par des forces purement profanes, sociales, matérielles, externes ou humaines. Une religion exotérique est mue par des forces purement institutionnelles (le dogme, la croyance, le rite).

la Grande Tradition Adi Da Samraj appelle la «Grande Tradition» l'ensemble des traditions spirituelles, mystiques, sapientelles et divines de l'humanité. On l'appele aussi le philosophie éternelle ou intemporelle.

involution La réalité phénoménale est perçue comme une émanation de la force nouménale. Celle-ci se jette librement dans l'univers, se dégrade progressivement, et par stades, jusqu'à la dernière forme d'inconscience (le monde minéral). Le mot involution signifie donc la descente de la conscience, le passage progressif de la Conscience suprême à l'inconscient, l'oubli de la condition divine.

magie Pratique ésotérique de correspondance avec les forces matérielles (les corps, la nature, le cosmos, etc.). La force magique est l'aspect ésotérique de toute vie physique (stade 1). Sans magie, notre rapport à l'univers et aux règnes minéral, végétal et animal serait débalancé.

le mythe de la suprématie de la pensée rationnelle La philosophie occidentale s'avère en effet très fortement typifiée. De plus, en accord avec plusieurs critiques comme Gilbert Durand et Roger-Pol Droit, la notion même de philosophie telle que développée en Grèce me semble réductrice et source d'intolérance et d'ethnocentrisme. La notion de «miracle grec» doit être regardée avec une certaine ironie. Pour une critique radicale du processus philosophique en Occident, on pourra consulter le livre que je prépare sur le sujet, et qui aura pour titre La Philosophie radicale.

noogenèse Forme d'évolution de l'esprit, ou des esprits (êtres désincarnés et immatériels). La théorie noogénétique enseigne que l'univers subtil des esprits subit, comme l'univers matériel, les lois de l'involution. L'univers des esprits fait partie du monde phénoménal.

phénomène La réalité en tant que réalité manifeste, apparente, conditionnelle, expérientielle, limitée, spatio-temporelle, perceptible. Selon le point de vue du septième stade de la vie, le phénomène est une modification libre et provisoire de la force nouménale.

sage Techniquement, un réalisateur et être réalisé du sixième stade de la vie.

saint Techniquement, un réalisateur et être réalisé du quatrième stade de la vie.

transcendance — Principe évolutif qui permet de dépasser son niveau actuel de conscience, de s'en libérer tout en l'intégrant, d'aller vers un niveau supérieur, de percevoir la réalité d'une façon de plus en plus forte et subtile. La transcendance réalise la loi du sacrifice.



 
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